Le 31 mars dernier s’est tenu le scrum day 2011, organisé par le French Scrum User Group. Plus de 25 sessions étaient programmées, il a donc fallu, pour les près de 500 personnes annoncées, faire des choix. Le titre de cet article est inspiré des conférences auxquelles j’ai assistées, où ce qui ressort est l’importance de l’humain dans la gestion des projets. Car si dans chaque session, le cadre Agile a été rappelé, l’accent a finalement été porté sur la ressource première : les collaborateurs. Au-delà des outils utilisés, ou non utilisés, comme pour Harvey Wheaton, qui nous a présenté son retour d’expérience sur l’intégration de l’agilité dans le monde du développement de jeux vidéo, et pour qui rien ne vaut l’affichage sur le mur, même pour le backlog (uniquement photographié, pas même mis sous Excel) : Rien ne sera efficacement réalisé sans une vraie adhésion des intervenants. Comme le rappelle Véronique messager (conférence « ScrumMasters, devenez le coach agile de votre équipe ») : « Les personnes font le succès du projet ». Sa session était orientée plus sur l’aspect psychologique que méthodologique de l’agile : recentrer le rôle du ScrumMaster sur son coté de faciliteur et de protection, devenant la personne qui permet à l’équipe et à chacun de ses membres de s’élever et à prendre confiance en ses capacités. « Confiance », voilà un autre des mots clés de la journée : confiance des membres de l’équipe entre eux, et vis-à-vis du ScrumMaster ; confiance du Product Owner vis-à-vis de l’équipe de réalisation, Confiance du client… Autant d’éléments primordiaux pour être en situation de réussite. Ainsi, lors de son retour d’expérience sur la mise en place d’un proxy PO, Bertrand Dour (conférence « Le product Owner « proxy » . Mise en place de l’agilité dans un environnement à forte culture « cycle en V ») nous expose les difficultés rencontrées quand cette confiance manque à un ou plusieurs niveaux. Dans le cas exposé, le sponsor pour la mise en place de l’agilité était très faible, le métier peut disponible et divisé en plusieurs entités « concurrentes ». La place du PO dans ce contexte n’a pas semblé aisée et, malgré les premiers résultats positifs et un bilan qui l’est tout autant, le climat n’est pas encore optimal pour un « mode agile » tel que décrit dans l’idéal par les intervenants de la journée. Ceci étant surement très liés aux habitudes ancrées de travail en cycle V. Dans tout domaine il est difficile d’admettre que ce que l’on a appris et appliqué depuis longtemps n’est peut-être pas la meilleure façon de faire. Là encore, on frôle des domaines bien éloigné de ce que l’on étudie dans les parcours « informatique ». Dans sa conférence intitulée « Quarante ans de crise, dix ans d’agilité », Laurent Bossavit, de[ l’Institut Agile|http://institut-agile.fr/], nous met face à ces paradoxes : aucune formation Agile existante actuellement, des jeunes diplômés qui doivent « désapprendre pour réapprendre » … Il présente l’Agile comme une évolution de « rupture ». C’est-à-dire comme un produit de niche, se développant à un moment où il n’est considéré comme adéquat par le public, et qui d’évolution en évolution fini par détrôner l’ancien produit phare, en entrainant sa chute (l’exposé est basé sur la comparaison avec le développement des appareils photos numérique, et la « mort » des appareils classiques). Ceci rend l’adhésion plus difficile encore… Et malgré ces discours « humanistes » il est peu probable, que dans des contextes commerciaux demandant toujours plus de rapidité, l’ensemble des conseils de la journée puissent être appliqués et suivi… A chacun d’y piocher ce qu’il peut pour avancer dans ce sens !